Sophie Divry

« Beaucoup de temps et un peu d’argent » : ainsi Sophie Divry (Montpellier, 1979) décrit-elle, dans une interview donnée à L’Express, les conditions sine qua non de la vie d’écrivain. Elle en dit bien davantage dans le drolatique (mais pas que) Quand le Diable sortit de la salle de bain, paru en 2015 chez Notabilia. Elle y met en scène Sophie, aux prises à la fois avec la faim (et 17 euros pour finir le mois) et l’envie/la nécessité d’écrire. Un roman extrêmement imaginatif (notons au passage l’utilisation de jeux typographiques) qui lui vaut d’être comparée à Georges Perec (pour Les choses) et Iain Levison (Les tribulations d’un jeune précaire). Mais l’auteur n’est pas du style à se laisser enfermer dans un style, comme en témoignent les précédents La cote 400 et La condition pavillonnaire, livre qui l’a révélée au grand public en 2014. « Rien de ce que je dis de moi n’a de valeur s’il n’a pas un intérêt esthétique pour le lecteur », dit-elle encore, expliquant par là le vrai travail de recherche dont font preuve tous ses romans. 

 

Photo © Brigitte Bouchard