17.11.2015 - david vann

Read & Meet David Vann

Les personnes participant au club de lecture Read & Meet avec David Vann sont censées avoir lu son recueil de nouvelles Legend of a suicide. L'éditeur français ayant choisi de publier seulement dans un premier temps la longue nouvelle centrale du recueil, intitulée « Sukkwan Island », les autres textes du recueil original sont encore inédits en français. Pour aider les participants à préparer la discussion avec l'auteur et avec les autres lecteurs, nous avons préparé ci-dessous un dossier thématique sur ce recueil. Les questions touchant aux nouvelles non traduites en français ont été maintenues, en italique, afin de favoriser une compréhension plus large de de l'ouvrage de David Vann.
Les liens au bas de la page permettent de consulter des interviews et portraits journalistiques de David Vann, ainsi que des critiques littéraires de Sukkwan Island.


La thématique

  • « Ichtyology » : l’ichtyologie est la science qui traite des poissons. Quelle est l’importance des poissons dans cette histoire brève ? Comment se les représenter ? Pourquoi l’histoire du père n’est-elle pas racontée directement ?
  • « The Higher Blue » : ce récit a la même structure qu’Ichtyology, mais est écrit dans le style d’une fable et sert d’épilogue au livre. L’histoire se situe à Fairbanks, la ville où le père de l’auteur s’est suicidé. Pourquoi le jeune garçon se cache-t-il dans l’armoire ?
  • L’énorme bouleversement dans la nouvelle Sukkwan Island a surpris David Vann lui-même. Il n’avait aucune idée que cela allait se passer avant d’en être à la moitié de la phrase. Quelle est l’importance de cet événement ?
  • Dans une interview avec le magazine en ligne néerlandophone Cutting Edge, David Vann affirme : « Tous mes livres partent de l’élément du paysage. Je me focalise sur la description d’un environnement, et c’est lui qui génère chaque page. (…) Écrire à partir d’une idée est très restrictif et peut même porter préjudice à l’histoire. Personnellement, je préfère me laisser guider inconsciemment par le paysage, qui devient une sorte de test Rorschach. »
  • Quel rôle la nature joue-t-elle dans « Sukkwan Island » ?
  • Le père de David Vann s’est suicidé en 1980. Il était au téléphone avec la femme qui venait de se séparer de lui – pour cause d’adultère – quand il s’est fait sauter la cervelle. Legende of a suicide raconte pourtant une autre histoire. Pourquoi l’auteur ne parle-t-il pas de ce qui s’est passé en réalité ?La fiction est-elle une méthode pour comprendre l’aspect irréel du suicide d’un proche ? La lecture d’un livre comme Sukkwan Island aide-t-elle à comprendre un acte de ce genre ?
     

La forme

  • David Vann dit lui-même que Legend of a Suicide n’est pas un roman mais une nouvelle encadrée par des histoires courtes, mais les critiques ont souvent une autre opinion sur ce sujet. Avez-vous lu ce livre comme un roman ou plutôt comme un recueil de nouvelles ? Les histoires doivent-elles être lues ensemble pour être pleinement signifiantes ?
  • La structure de « A legend of good men » est celle d’une série de portraits d’hommes, librement basés sur le poème classique Geoffrey Chaucer Legend of Good Women (La Légende des femmes vertueuses) et sur les récits traditionnels de vies des saints (et le mot « légende » dans le titre a aussi sa propre signification : une série de portraits). En quoi et pourquoi est-il important d’en savoir plus sur tous ces hommes ?
  • Dans le texte que David Vann a écrit pour la Passa Porta Lecture, il dit qu’il se place explicitement dans la tradition du néo-classicisme. Quelles en sont les manifestations dans Sukkwan Island?

 
Le style

  • Pourquoi le style change-t-il d'un récit à l'autre ?


Interviews, critiques et portraits journalistiques

  • Dans le cadre du Read & Meet, nous nous entretenons de son livre avec l’auteur. Tous les participants sont invités à poser des questions. À en croire une interview dans The Guardian (en anglais), David Vann ne se soustrait à aucune question : “Ask him anything, and he will answer with all the bluntness of an axe” (Demandez-lui ce que vous voulez, et il vous répondra avec la brutalité d’un couperet).
  • David Vann ne mâche pas ses mots dans The White Review (en anglais) :  “No, I don’t write for anyone. Fundamentally, I don’t give a shit. It’s because I’ve written all these stories about my family, which were disturbing for my family and they did care. The only way I could keep writing was without caring about what they thought.” (Non, je n’écris pour personne. Pour tout dire, je m’en fiche complètement. C’est comme ça que j’ai écrit toutes ces histoires sur ma famille, pour qui elles sont profondément dérangeantes, et eux, ils ne s’en fichent pas. La seule façon pour moi de continuer à écrire, c’était de ne pas me soucier de ce qu’ils en pensaient.)