Bret Easton Ellis

dim. 22.09.2019
18:00 - 19:15
Bret Easton Ellis By Casey Nelson 1

Lieu


Catégorie

Interview, Lecture

Prix

€ 14 / 12

Langue

en anglais

Meet the author


Pour le bénéfice de tous, férus de littérature, lecteurs occasionnels ou simples curieux, nous organisons des entretiens d'auteurs, variés et singuliers, riches en histoires, en idées et en émotions.

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Il vient de fêter ses cinquante-cinq ans mais n’a rien perdu de sa verdeur ni de sa modernité : il twitte en virtuose, vient de réaliser une publicité pour St Laurent à la demande d’Anthony Vaccarello et maîtrise les codes de la viralité comme personne. Ou si, peut-être comme un certain Donald Trump, ce président honni qu’il adore nous voir détester. Dans White, il évoque plusieurs sujets politiques et de société, évoque son parcours d’écrivain, et se met à nu comme il ne l’a peut-être jamais fait jusqu’ici.

Le specialiste de la Génération X se penche sur les Millennials

Le dernier livre de Bret Easton Ellis, White, un recueil d’essais inspiré des podcasts où il dissèque la pop culture, devait s’appeler White Privileged Male. Avec ce premier choix, le politiquement correct aurait peut-être été davantage considéré comme au centre de ses préoccupations du moment, alors que, dans ce texte en partie autobiographiques, les époques, des années 1970 à nos jours et les sujets (politiques, sociaux, artistiques) se croisent. Du consumérisme effréné qui est souvent vu comme son grand sujet aux réseaux sociaux qui est le bain dans lequel baignent les Millennials de White, Bret Easton Ellis est encore et toujours le grand écrivain naturaliste de la société américaine, et dans une certaine mesure, occidentale, tant la culture nord américaine continue à infuser partout dans le monde.

Un moraliste doublé d’un visionnaire

Né en 1964 à Los Angeles, Bret Easton Ellis a l’âge de ses personnages lorsqu’il publie Moins que zéro (1986), son premier roman, très bien reçu par la critique. Pour la première fois, il dépeint cette jeunesse perdue, gavée de consumérisme, à la socialité débridée et pourtant seule à pleurer, avec une écriture sèche, à l’os, dénué de toute psychologie, qui, avec le name-dropping des marques et des (demi) mondains, sera sa marque de fabrique. Son style triomphe ainsi dans American psycho (1991), refusé par son premier éditeur, mettant en scène un yuppie psychopathe et serial killer. A ce jour son roman le plus controversé, c’est aussi celui qui le fait accéder au rang de personnalité emblématique de la pop culture et de la scène littéraire américaines. Le roman est adapté au cinéma en 2000 avec Christian Bale dans le rôle titre. La même année, Ellis publie Glamorama, qui, pointant l’obsession de la célébrité et imaginant un attentat à la terrasse d’un café parisien, semble rétrospectivement étonamment visionnaire. Suite(s) impériale(s) (Robert Laffont), paru en 2010, est le dernier des six romans qu’il a publiés à ce jour. Ses romans se déploient comme un univers cohérent où les personnages récurrents se croisent, comme ils croisent parfois ceux de Jay McInerney, ou les titres de chansons et d’albums d’Elvis Costello.

Passa Porta, Bozar, Robert Laffont
photo © Casey Nelson

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