Rencontre avec Lisa Robertson
Écrivaine et poétesse canadienne, Lisa Robertson vient éclairer les visions de la féminité et de la poésie au cœur de La Fractale Baudelaire, son formidable et obsédant premier roman. Elle sera pou l'occasion en compagnie de son traducteur Jeannot Clair et de l’autrice québécoise Karianne Trudeau Beaunoyer, qui a fait de la pratique littéraire de l’autofiction son sujet de prédilection.
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Dans une chambre d’hôtel de Vancouver un matin de 1995, Hazel Brown découvre qu’elle a écrit l’œuvre entière de Baudelaire. Les Fleurs du mal, Le Peintre de la vie moderne, c’est elle. Sous le choc de cette révélation, Hazel replonge dans sa mémoire de fille et raconte l’époque où, poétesse sans le sou comme Baudelaire, elle vivait en dandy dans le Paris des années 80 : les chambres de bonnes miteuses et les garçons maigres, les gages de domestique et l’obsession des fringues. Si elle est sûre de sa vocation, de sa soif de lyrisme et de beauté, la jeune Hazel se débat encore avec ses désirs. « Je cherchais la beauté. L’art ne me disait pas grand-chose, je voulais simplement tromper l’ennui et faire l’expérience de la grâce. Alors j’ai pensé écrire. Toute autre voie semblait fade. En termes clairs : je ne voulais pas admirer la vie, je ne voulais pas l’effleurer, je voulais y nager. »
Détruire les femmes poètes
Diffractée entre les époques, guidée par ses carnets et journaux intimes, Hazel Brown se demande comment incarner une autre féminité que celle, d’objet, que lui renvoient ses amants et ses employeurs. Et jusqu’à la littérature elle-même, car la poésie -et les poètes- détruisent les femmes qui écrivent. Un livre-voyage, exploratoire et hypnotisant, qui convoque Djuna Barnes, Jean Rhys, Sylvia Plath…
A Passa Porta, Lisa Robertson sera en conversation avec son traducteur Jeannot Clair (déjà notamment auteur de la remarquable traduction en français des Argonautes de Maggie Nelson) au micro de Karianne Trudeau Beaunoyer, spécialiste de l’autoportrait littéraire, et autrice en résidence tout le mois de janvier à Passa Porta.
« La Fractale Baudelaire nous rappelle les sinueuses confessions de Deborah Levy, les réflexions matérielles d’Anne Boyer, les questionnements identitaires et les pas de côté théoriques d’une Maggie Nelson. »
«En ce qui me concerne, c’est déjà un classique.»
«L’œuvre de Robertson propose une défense philosophique de la jeune fille, une célébration de la dandy ménopausée, une échappée spéculative hors des contraintes du genre, et un portrait de la lectrice en flâneuse.»
À propos des intervenant.e.s
Lisa Robertson est née à Toronto en 1961. Elle a vécu à Vancouver avant de s’installer en 2003 en France, où elle vit toujours. Depuis XEclogue, paru en 1993, elle a publié plusieurs livres de poésie et deux recueils d’essais. Elle compte parmi les poètes anglophones les plus influentes de sa génération et elle a enseigné dans une dizaine d’universités à travers le monde. En français sont parus Debbie: une épopée (Joca Seria, 2021), Le temps (Nous, 2016) et Cinéma du présent (Théâtre Typographique, 2015). Paru aux éditions du Quartanier dans une traduction de Jeannot Clair, La fractale Baudelaire est son premier roman.
Jeannot Clair a traduit des romans et des essais littéraires de l’anglais vers le français, dont Les Argonautes de Maggie Nelson, reprise dans la collection Points Féministe. Il vit à Montréal.
À propos de la modératrice
Karianne Trudeau Beaunoyer est une écrivaine québécoise née à Montréal, où elle écrit et enseigne. En résidence à Passa Porta en janvier et février 2024, elle se consacrera à l’écriture d’un essai de fiction mêlant légendes urbaines et récit personnel pour explorer les postures ambiguës des transfuges de classe. Autrice d’une thèse sur la pratique littéraire de l’autoportrait, elle est une grande lectrice de Lisa Robertson.
Org. Passa Porta, Editions du Quartanier
photo © Sina Queyras
Bientôt à Passa Porta