ICORN
Au nom de la liberté d’expression et de la solidarité avec les auteurs en danger, la Ville de Bruxelles et Passa Porta ont rejoint le réseau International Cities of Refuge Network (ICORN), qui rassemble des villes et des organisations s'engageant à accueillir et soutenir des écrivains menacés dans leur pays. A Bruxelles, cette initiative est également soutenue par la VUB (Vrije Universiteit Brussel).
Passa Porta représente la Ville de Bruxelles au sein du réseau ICORN (International Cities of Refuge Network). Dans ce cadre, Passa Porta accueille, pour une période de deux ans, un·e auteur·ice menacé·e dans son pays en raison de ses écrits. L’équipe de Passa Porta l’accompagne de différentes manières et l’héberge dans un appartement mis à disposition par la Ville de Bruxelles. Ce programme présente Bruxelles comme une métropole ouverte, engagée en faveur de la liberté d'opinion et des droits humains.
2026
Kholoud Charaf (1981) est une poète et romancière druze, originaire du village d’Al-Mojaimr, dans le sud de la Syrie. Membre du PEN Allemagne, elle poursuit son parcours littéraire en exil en Europe. Ses textes jettent un pont entre la mémoire personnelle et l’expérience collective de la guerre. Son premier recueil de poésie, Rufat Farasha (« Les restes du papillon », 2016), a été traduit en dix langues, et son récit de voyage, Rihlat al-awda ila al-jabal (« Retour à la montagne »), a reçu le prestigieux prix Ibn Battuta en 2019. Son roman Yawmiyyat la sha'na li biha (« Un journal qui ne me concerne pas ») a été nominé pour le Prix international de fiction arabe (IPAF) et est paru en allemand aux éditions Pfaueninsel Verlag à Berlin en 2026. A Bruxelles, de juillet à octobre 2026, elle a travaillé sur Lu’bat al-nard (« Le jeu de dés »), un roman qui utilise des techniques narratives de flux de conscience pour examiner l’effondrement moral d’un monde fracturé par la guerre et l’irrationalité. Après cet hébergement d’urgence temporaire, Kholoud a pu trouver une nouvelle résidence en Allemagne.
2025-2026
Ersan Pekin est un écrivain et ancien journaliste turc. Son œuvre aborde des sujets considérés comme tabous dans le contexte turc, de plus en plus conservateur. Dans ses romans et ses nouvelles, Pekin explore les dynamiques relationnelles et les frontières floues entre rêve et réalité. Il a été rédacteur en chef du journal Ulus, mais a été licencié en 2019. En raison de ses « idées et écrits libéraux et antimilitaristes », il a été confronté à la censure et à des poursuites judiciaires. Il a quitté la Turquie en novembre 2023 et, grâce à ICORN, s’est vu proposer une résidence en Pologne, où il a obtenu l’asile. En 2025, Passa Porta lui a offert un hébergement d’urgence temporaire, après quoi il a pu retourner en Pologne.
2022-2024
Vafa Mehraeen est un journaliste iranien, un militant des droits de l'homme et un spécialiste de la linguistique cognitive, de la philosophie et de l'éthique. Son travail porte principalement sur les questions LGBTQ+, la lutte contre le sexisme dans les manuels scolaires et la critique du régime iranien. Ses recherches ont porté sur la linguistique cognitive et l'utilisation de métaphores sexuelles dans la répression des droits LGBTQ+ dans les pays musulmans. Lors de l’inauguration de la conférence internationale de ICORN à Bruxelles en 2023, il a pris la parole à l’Hôtel de Ville.
2020-2022
Monem Mahjoub (1963) est un philosophe, poète et critique politique. Auteur de plus de 25 livres, il s’est intéressé à des sujets aussi larges que le langage, l’histoire, la religion, l’humanisme, le développement culturel et la politique. Suite à ses prises de position critiques vis-à-vis du fondamentalisme musulman, il a reçu des menaces de mort de la part de milices fanatiques de Lybie et d’Égypte. A Bruxelles, il a pu travailler sur de nouveaux essais traitant de la question de l’identité. Il y a aussi écrit un article sur la pandémie de Covid pour passaporta.be, il a été invité au Passa Porta Festival 2021 et il a publié des traductions néerlandaises de ses poèmes dans Poëziekrant.
2015-2017
Arash Chakeri (1982) est un poète, activiste et chanteur-compositeur iranien. Son premier recueil a été publié sans l'autorisation du ministère iranien de la Culture et de l'Orientation islamique. Pour son deuxième livre, il a été contraint de supprimer un certain nombre de textes traitant d'activisme politique et social clandestin. De plus en plus critique envers le gouvernement de son pays, appelant en tant qu’activiste à la liberté et à la démocratie, Chakeri a été confronté à plusieurs attaques, menaces et arrestations et il a dû quitter son pays. Durant sa résidence, il a notamment publié un article dans le magazine culturel flamand Rekto:Verso et il a été l’un des invités au Passa Porta Festival.
2014-2015
Auteur et journaliste marocain, Ali Amar (1967) est le co-fondateur de Le Journal, premier journal indépendant du Maroc contraint de mettre fin à ses activités à cause de pressions politiques et financières. Son livre Mohammed VI. Le Grand Malentendu (Calmann-Levy, 2009) n’a pas pu paraître au Maroc. En 2012, Amar a publié Paris Marrakesh (Calmann-Levy, 2012, avec Jean-Pierre Tuquoi). Il est revenu au Maroc en 2015 pour lancer « Le Desk », un site d'information et d'investigation indépendant en ligne avec son épouse Fatima Zahra Lqadiri.
2011 -2013
Romancier et auteur de nouvelles, Boris Korkmazov (1958) est originaire de la république de Karatchaïévo-Tcherkessie. Il a fait un certain nombre de déclarations publiques critiquant la politique russe, ce qui lui a valu des attaques dans son pays natal et à Moscou. À l'issue de sa résidence ICORN à Bruxelles, il s'est vu accorder l'asile politique en Belgique, ou il vit avec son épouse.
2009-2010
Dejan Anastasijevic (1962, décédé en 2019) a été le premier auteur ICORN que nous avons pu accueillir à Bruxelles. Il a dû quitter Belgrade suite aux menaces de mort faites à lui et sa famille. En 1998, ses articles engagés sur les actes de violence contre les Albanais de souche au Kosovo l'ont mis en difficulté avec le régime de Milosevic. Il s'est enfui à Vienne en avril 1999, pendant les bombardements de l'OTAN et la suppression de la liberté de la presse qui s'en est suivie. Il y a travaillé pour le Time jusqu'en 2002. Rentré à Belgrade, il a assisté à la chute de Milosevic, contre qui il a été le premier journaliste serbe à témoigner devant le Tribunal pénal international de La Haye. Ses écrits (notamment son livre Out of War) concernent principalement le crime organisé et la situation sécuritaire en Serbie.
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