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Au nom de la liberté d’expression et de la solidarité avec les auteurs en danger, Passa Porta a rejoint le réseau International Cities of Refuge Network (ICORN). qui rassemble des villes et des organisations s'engageant à accueillir et soutenir des écrivains menacés dans leur pays.

Passa Porta représente la Ville de Bruxelles au sein du réseau ICORN (International Cities of Refuge Network). Dans ce cadre, Passa Porta accueille, tous les deux ans et pour une période de deux ans, un écrivain menacé dans son pays en raison de ses écrits. L’équipe de Passa Porta l’encadre logistiquement, psychologiquement et artistiquement, et l’héberge dans un appartement mis à disposition par la Ville de Bruxelles. Cette initiative présente Bruxelles comme une métropole ouverte, engagée en faveur de la liberté d'opinion et des droits humains.

2020-2022

Monem Mahjoub (1963) est un linguiste originaire de Lybie, philosophe, poète, historien et critique politique. Auteur d’un grand nombre d’articles et de plus de 25 livres, il s’est intéressé à des sujets aussi larges que le langage, l’histoire, la religion, l’humanisme, le développement culturel et la politique. Suite à ses prises de position critiques vis-à-vis du fondamentalisme musulman, Mahjoub a commencé à subir des intimidations et à recevoir des menaces de mort de la part de milices fanatiques de Lybie et d’Égypte.

Grâce à un partenariat entre Passa Porta et la VUB, Mahjoub a temporairement trouvé refuge à Bruxelles, où il a pu travailler sereinement sur de nouveaux essais traitant de la question de l’identité, ainsi que sur une étude sur l'érudit arabe du XIIe siècle Amempace (Ibn Bajja). La poésie constitue également et depuis longtemps une part importante de l'œuvre multiforme de Mahjoub. Pendant son séjour dans le cadre de "Bruxelles Ville Refuge", il a notamment écrit un article sur la pandémie de Covid pour passaporta.be, été invité au Passa Porta Festival 2021 et il a publié des traductions néerlandaises de ses poèmes dans Poëziekrant.

2015-2017

Arash Chakeri (1982) est un poète iranien, activiste et chanteur-compositeur. Son premier recueil de poésies, Loneliness, a été publié sans l'autorisation du ministère iranien de la Culture et de l'Orientation islamique. Pour son deuxième recueil, Chakeri a été contraint de supprimer un certain nombre de poèmes traitant d'activisme politique et social clandestin. Le premier roman de Chakeri, I Was Dead (non traduit), n’a pu paraître qu’illégalement en Iran.

En 2013, il a publié un recueil de chansons personnelles (Your Interpreter). De plus en plus critique envers le gouvernement de son pays, appelant en tant qu’activiste à la liberté et à la démocratie, Chakeri a régulièrement été confronté à des attaques, menaces et arrestations. Il a quitté son pays en 2015. Durant son séjour dans le cadre de « Bruxelles, ville refuge », il a notamment publié un article dans le magazine culturel Rekto:Verso (décembre 2017) et il a été l’un des invités au Passa Porta Festival.

2014-2015

Auteur et journaliste marocain, Ali Amar (1967) est le co-fondateur de Le Journal, premier journal indépendant du Maroc contraint de mettre fin à ses activités à cause de pressions politiques et financières. Son livre Mohammed VI. Le Grand Malentendu (Calmann-Levy, 2009) n’a pas pu paraître au Maroc. En 2012, Amar a publié Paris Marrakesh (Calmann-Levy, 2012, avec Jean-Pierre Tuquoi). Il est revenu au Maroc en 2015 pour lancer « Le Desk », un site d'information et d'investigation indépendant en ligne avec son épouse Fatima Zahra Lqadiri.

2011 -2013

Romancier et auteur de nouvelles, Boris Korkmazov (1958) est originaire de la république de Karatchaïévo-Tcherkessie. Il a rejoint Bruxelles au début de l’année 2011, et s’est installé avec son épouse dans un des appartements mis à leur disposition par la ville de Bruxelles.
Il a fait un certain nombre de déclarations publiques critiquant la politique russe, ce qui lui a valu des attaques dans son pays natal et à Moscou.

2009-2010

Dejan Anastasijevic (1962-2019) a été le premier auteur ICORN à Bruxelles. Il a dû quitter Belgrade suite aux menaces de mort faites à lui et sa famille. En 1998, ses articles engagés sur les actes de violence contre les Albanais de souche au Kosovo l'ont mis en difficulté avec le régime de Milosevic. Il s'est enfui à Vienne en avril 1999, pendant les bombardements de l'OTAN et la suppression de la liberté de la presse qui s'en est suivie. Il y a travaillé pour le Time jusqu'en 2002.

Rentré à Belgrade, il a assisté à la chute de Milosevic, contre qui il a été le premier journaliste serbe à témoigner devant le Tribunal pénal international de La Haye. Ses écrits concernent principalement le crime organisé et la situation sécuritaire en Serbie. Il a également écrit Out of War (Londres, 2000), un livre plébiscité sur l'opposition serbe.

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photo arash chakeri © nick dessauvages
photo ali amar © reyes sedano