Litanie voor 67 Brusselse straatdoden in 2018

22.05.2019
Fill 2 Created with Sketch. Auteurstekst
26067207655 B023Eb5289 K 1

Ieder jaar overlijden tientallen mannen en vrouwen aan de gevolgen van het harde leven in de straten van Brussel. Op vraag van Passa Porta herdenken de leden van het Brussels Dichterscollectief hen met een meertalige en meerstemmige litanie, gebaseerd op de persoonlijke gegevens die zij ontvangen via het Collectief Straatdoden Brussel.

Onderstaande tekst werd voorgelezen op 22 mei 2019, tijdens de jaarlijkse herdenking in het Stadhuis van Brussel. Hij bevat bijdragen van de dichters Frank De Crits, Maarten Goethals, Geert van Istendael, Manza, Serge Meurant, Ramón Neto, Anne Penders en Xavier Queipo.

-


Jean-Pierre, 76 ans

De ses cannes il disait qu’elles étaient le lien entre le ciel et la terre, mais

aussi l’attribut du chef. Bricolées au gré de ses trouvailles,

chaque canne est aujourd’hui un bout des Marolles en vadrouille.


Zbigniew, 56 jaar

En toen dacht je: de nacht. Maar niet de nacht

vannacht. Niet in de nacht van een nieuw, aanminnig jaargetij.

Maar morgen: morgen is meer dan goed. Morgen

Is een dag zonder zorgen.


Haritsoa, 73 ans

Tu semblais désorienté. Ce n’était pas l’Étoile polaire,

mais bien la Croix du Sud, qui te montrait le nord.

Quelque part, au sud de cet impitoyable nord, un ravinala,

l’arbre du voyageur de Madagascar, pousse déjà pour toi.


Zbigniew, âge inconnu

Rien

C’est à peu près tout / ce que l’on sait

Quelques mots ne seront pas de trop

Pour t’accompagner où tu es


Zenon (‘Zenek’), 58 jaar

Je dagen waren verplet

Door het beton van de brug

Die je tentje bezwaarde, daar bij Neerpede.

Zenek, betreed nu glooiing en veldweg,

Betreed de vrede van een hemels Neerpede.


Jean-Claude (‘Viking’), 55 ans

La lune brille, surprise sur le chemin de l’archer,

quand tu tends l’arc que personne n’a jamais tendu

et qu’avec tes yeux clairs de viking errant

tu tires des flèches de lumière éclatante.


Stefan, 67 ans

Santé fragile, solide esprit de combattant,

au centre-ville tu étais dans ton élément,

mec tenace, le visage qui sourit à la vie,

tu voulais t’en sortir pour ta famille.


Issam, 37 jaar

Molenbeek zag hem dikwijls fietsend door

Het leven. Hij was leergierig en wilde alles beter

Leren kennen. Hij was zoals iedereen op zoek

Naar geluk, de dood heeft hem dat niet gegund.


Pilero, 57 ans

Là où personne ne pénètre

quelqu’un t’attend.

Son visage est beau,

offert à l’obscurité.

Tu le touches de la main.


Claude, 30 jaar

Onder, onderaan; onder het gezwollen, bolle, buikig licht.

Onder de doolhof, onder het groen en geelachtig grind.

Onder, onderaan; waar de dieren gedempt en jij

Onzichtbaar in het varend volk bent opgegaan.


Quentin, 23 ans

Une balafre le long de ta joue gauche

marquait le passage implacable de la vie sur ta peau.

Cette vie que tu aurais souhaité recommencer.

Cette vie que tu voulais tant croquer à pleines dents.


Mohamed, 42 ans

Prévenir

Ce qu’ils disent, après

Et la famille, parfois, pleure aussi

C’est ici / que tu fus, n’es plus.


Paul, 63 jaar

Jij oude, fragiele brompot

Stap op tafel met lichte tred

Langs de brandende kaars

Recht het portret van je vader binnen. Dag pa,

Eindelijk. Kom, ik trakteer op koffie.


Faïda, 50 ans

Avec ton âme d’artiste, de poète beatnik et de sirène,

tu ne comprenais pas le monde sans partager la beauté,

sans la touche discrète du carmin sur tes lèvres,

sans ton verbe fleuri et ton sourire infini.


Isabelle, 47 ans

Accident mortel, mauvais coup du destin

Tombée sous un train, trop vite parti

Même les regrets n’ont pas de mots, que des maux

On se souviendra de toi au tic-tac de ton absence.


Mohamed Saïd, 54 jaar

Hij noemde iedereen Madame en Monsieur.

Hij hield van moppen tappen, als het kon van lekker eten,

Van dammen, schaken en charade spelen,

Verhalen vertellen tot de dood ze afmaakte.


Nadia, 36 ans

Je composerai pour toi

un menu de mets minuscules

comme les étoiles filantes

dans le ciel du mois d’août.


André, 60 jaar

Links in cadans de vrouwen, rechts de mannen, de menigte.

En als laatste, op het gangpad, als een koning

in het koene van zijn koortsachtig goud: de dood.

Maar jij ziet geen verschil – je wijst hem zijn plek

en bij leven nog maan je hem tot zwijgen aan.


Ladislau, 62 ans

Arrivé à Bruxelles pour te battre contre la vie

à un âge où il faut commencer à faire la paix avec elle.

Perdu dans une longue litanie de démarches administratives – échouées ;

tu faisais comme si tu jouais de la flûte avec tes mains.


Paulette, 64 ans

L’anonymat

D’une tombe, d’un pas

L’anonymat de soi

L’as-tu cherché ?


Françoise, 61 jaar

Heen en weer, van Brussel

Naar Verviers, van Verviers naar

De Hoogstraat, steeds heen en weer.

Rust, oud meisje rust. Het hoeft zo niet meer.


Tomasz, 42 ans

Sur les cartons dans lesquels tu avais étendu tes rêves,

tu as retardé le dessin de futures cartographies.

En naviguant comme un marin qui relève ses filets

dans un festival sans fin d’écailles et d’écume.


Fatoumata, 43 ans

Calme, douce, chaleureuse, si rêveuse,

ta Guinée peut être fière de toi.

Ceux qui t’ont connue, monde de la rue ou pas,

tous n’avaient que de jolis dires pour te décrire.


Bruno, 36 jaar

Hij was een goede ziel, een vriend die je hebben wilt,

genereus en vol vertrouwen; gewond

vanbinnen en vanbuiten rust hij

naast zijn moeder in Haine-Saint-Paul


Thami, 44 ans

Forteresse d’épuisement

d’addiction

de croyance

en désespoir de cause

corps debout

éphémère

le temps d’une vie.


Larami, 56 jaar

In mij ligt het vaderland verankerd.

In dikte, deinend. In weerstand loom.

In onderricht ook, in oorlog, in wreed, concreet

verlangen. Sterven is onterven.


Jacques, 76 ans

La longueur de ta vie, avec ses 76 printemps,

ne pourra être mise sur la balance

pour faire contrepoids au moindre jour

que tu auras vécu dans la rue.


Wojciech, 48 ans

C’est parce qu’il n’y avait presque rien

Que j’ai pensé très fort

Qu’au milieu du vide

Quelques mots de loin te rapprocheraient de nous.


Liliane (‘Lily’), 61 jaar

Wel ben je thuis gestorven

Niet op straat in de kou.

Het was een magere thuis.

Wij wensen je een weelderig huis

Voor eeuwig.


Guy, 67 ans

Alors que tu défendais avec ardeur ton territoire

— territoire de désirs, de rêves et d’amours —

tu avais le jour et la nuit, l’aube et le crépuscule,

ta place dans le monde et la force de tes bras.


Louis, 54 ans

La rue a eu raison de ton vivant, tu resteras

toujours ce Louis avec cette âme d’enfant.

De là-haut, je suis sûr que tu veilles sur nous,

tu manques à la vie, mais ta maison est constellation.


José, 57 jaar

In zijn leven zag hij alle kleuren

van de regenboog, en die waren dan nog

meestal grauw getint. De straat hem goed bekend

was zijn bestaan en werd zijn einde.


Amalou, 20 ans

Passager clandestin

ton corps fut broyé vif

le voici porté en terre

par tes frères

une femme t’accompagne

d’un chant profond

ne cesse de chanter


Eric, 55 jaar

In de rozenmaand: eerst als knop.

Als keur van geur en praal.

Jij: in kringen, in vol ornaat omzoomd.

Ook in de rozenmaand: het rot.

Een plukkende God.


Andrée Ghislaine, 74 ans

Nous connaissons seulement ta date de naissance

et celle du jour où tu es parti –

aucun poème n’arrivera à percer le mystère

qui s’étend entre ces deux rives.


Abdellah, âge inconnu

Une fiche.

Comment sortir de là ?

Une fiche.

Tout ce que tu n’étais pas.


Nicole Jeanne Paule Roberte, 63 jaar

Jij leefde hier, leef jij nu elders?

Berooid mocht je zijn en toch bleef jij

Nicole Jeanne Paule Roberte.

Welke prinses is zo rijk aan fraaie namen?


Jambul, 55 ans

Chaque jour qui s’écoulait, sans le savoir,

tu t’éloignais de l’endroit rêvé.

Chaque jour qui s’écoulait, sans y penser,

tu t’approchais de la fin heureuse.


Elisabeth, 80 ans

Tu n’as pas eu l’enfance facile, rien ne fut facile,

ton parcours a été jonché de malchance.

Pourtant, tu étais quelqu’un de libre et pas esclave du gain

Tu avais le cœur sur la main, le partage et la fraternité traçaient tes lignes de vie.


Jacek, 53 jaar

In de krant stond te lezen: ‘Een hart

Breekt makkelijker alleen.’ Niemand

Hoorde je roepen. Het ging scheef van-

binnen, je kon er niets aan verhelpen.


Eric, 57 ans

Ne peut s’effacer

le mouvement passionné

d’un geste

qui s’interrompt ici.


Georgeta, 58 jaar

Niet langer bovengronds, maar in donkere hallen.

In het knerpende licht, in het snijdend chroom

Van de tijd, mensen van messcherp, slepend staal

Onder rondbogen en baleinen – ofschoon je troon.


Eddy, 61 ans

Tu aimais les romans en tout genre, sauf, tu insistais,

ceux à l’eau de rose – et sans doute ta vie n’en a pas été un.

Combien de temps chantera-t-il encore ton absence,

ce canari dont tu t’occupais avec le plus grand soin ?


Anne, âge inconnu

Une femme encore

Une mère aussi

Toute la force de ce qui nous tient

Par-delà les précipices


Pascal (‘Paco’), 51 jaar

Welk vogeltje, welk kruidje

Tekende je toen in ’t Moeraske

De dood toesloeg? Of hoorde je treinen

Die reizen naar een land achter de wolken?


Jimmy, 32 ans

Que deviendras-tu en cette triste nuit

dans le cri aigu des années perdues ?

Qui sera là à l’aube pour t’écouter,

pris dans le regard lacéré de tes yeux lavés ?


Muriel, 54 ans

Toujours déroutante, amusante, tu aimais charrier

Une extraterrestre de la liberté, tu adorais discuter

Tu avais un avis sur tout et tu aidais les gens qui te prenaient dans ton tout

Depuis que tu es partie, tes proches regrettent tes rendez-vous.


Semere, 31 jaar

Ver van zijn vaderland Eritrea werd hij het slachtoffer

van moordend verkeer. De dood heeft hem ingehaald,

is niet van hem weggevlucht. Hij werd onherroepelijk,

onmetelijk ver van hier weggestuurd.


Abdelkarim, 46 ans

Tu me parlais encore

d’une parole, interrompue.

J’écoute le fracas du silence.

Hier,

tu me parlais encore


Petru, 59 jaar

Je karakter: een nederzetting. Een kroon

Op vele hoofden. Je bloed: een balts

Van volken. Je taal: een totem

Van ontzaglijke trouw. De dood: een streekgenoot.


Emeranullah, 25 ans

Inatteignables de l’autre côté de la mer, les falaises blanches d’Albion

font office de frontière, une de plus, perçant les entrailles de notre continent.

Que reste-t-il de ces rêves de jeune homme, sinon une poignée d’étoiles brisées,

éparpillées sur l’asphalte de l’E40 – dont le passage intense du trafic effacera toute trace.


Eric, 59 ans

Ce qu’il faut savoir

Les destins interchangeables

Le chemin si particulier

Qui fut le tien


Traian, leeftijd onbekend

We weten niet eens hoe oud je was

Toen je moordenaar je leven roofde.

Ach, je in elkaar geflanste hutje

Daar op de Keizerslaan, niets keizerlijks had het.


Jean-Pierre, 41 ans

Quand je serai grand, je veux être un homme tranquille,

as-tu répondu enfant à une question banale.

Toussant sans repos, encerclé par la foule et le trafic,

tu as refusé ce plan tout tracé.


Klavdia, 92 ans

Femme de caractère, franche et solidaire,

tu aimais la tranquillité de la vie loin des bruits.

Toute la Russie se vit dans tes accents et tes gestes.

La maladie t’a emporté trop vite mais dans nos cœurs, tu restes.


Thierry, leeftijd onbekend

De dood kent geen grenzen, hij loopt nooit weg,

Hij maait steeds verder de hoofden die boven het

veld uit komen, armoede geeft nooit een welwillende

hand, je moeder was een pak schrijnend verdriet


Louise, 52 ans

Il neigeait

sur le monument de la mélancolie.

Quelqu’un m’étreignait.

J’attendais

le frôlement de la main

qui signerait le vivant.


Elżbieta, 41 jaar

De duiven. De duiven. Je ziel met duizenden gelost.

Over akkers en velden, over tijd, tuin en woning —

In vogelvlucht ontbonden.

En jij na jaren eindelijk naar huis gezonden.


Patrick, 50 ans

Depuis un temps, ton compte à rebours s’était mis en route –

aux heures de pointe de la Gare Centrale, tu sentis le vertige de centaines de milliers

de vies chronométrées, donc le compte à rebours avait aussi commencé

sans que peut-être elles ne le sachent.


Wiesława (‘Vita’), 60 ans

Des femmes aussi, ils disent.

L’une d’entre elles : toi.

Peut-être celle qu’un soir, dans le métro

J’ai serrée dans mes bras


Jan, 58 jaar

Er waren drie dochters in Polen,

Zo ver, zo ver ten oosten van

De straat waar je hokte.

Zijn dagen zijn geteld, zei de dokter.

Hard is de vloer van het huis

Dat heet: straat.


Alain, 59 ans

Tu rêvais de parcourir le monde en dessinant des cartes et des itinéraires.

Tu dormais mal pour rejoindre l’endroit d’où personne ne revient.

Au réveil tu trouvais du réconfort dans l’oubli. Puisses-tu trouver

Sans entraves la lumière que tu cherchais !


Emile, 54 ans

Roumain d’origine, tu t’es retrouvé trop vite livré à toi-même

tu es reparti vers ta patrie, la rue et sa dureté ont eu raison de ta santé

tu es reparti, retrouver les anges et les copains

la paix t’effleure de ses mains, on se souviendra de toi comme quelqu’un de bien


Genadiy, 50 jaar

Putje winter, vrienden en een ruiker bloemen vergezelden

je naar je laatste rustplaats. De ziekte beloerde je, huisde

in je, pijn knaagde aan je; en dan kwam de dood op kousen-

voeten naar je toe en zond je ver heel ver weg van hier


Jozef (‘Jos’), 65 ans

Pourquoi frérot

tant de chagrin ?

Tu tombas du lit de fer

comme un éboulement

dans le rêve.


Pierre, 75 jaar

Je legde als een woord de dood bijeen

Op het bord en bordes.

Maar de dood is een punt aan het einde van een zin.

Hoewel: geen achterin zonder een begin.


Mbala, 59 ans

Réveillon du Nouvel An – amoureux et familles avec enfants affluent

au pied de l’Atomium pour le tant attendu spectacle pyrotechnique.

Venu du Congo, loin de tes deux enfants, nul ne savait encore

que tu deviendrais le soixante-septième et dernier de cette implacable litanie.


Quand viendra-t-il le jour où il ne faudrait plus écrire ni un seul de ces vers ?
Komt ooit de dag dat we niet een van deze verzen meer hoeven te schrijven?

22.05.2019