“Le regard de Méduse” : Hélène Frappat, Astrid Haerens, Ayşegül Savaş
Trois autrices entrent en dialogue avec le poème Medusa de Sylvia Plath et écrivent une nouvelle interprétation du mythe de Méduse. Une soirée de création littéraire avec la Monnaie, presenté par Nicky Aerts.
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Puissance du féminin, pouvoir du regard (qui tue), rapport intime au monstrueux : la figure de Méduse est un puissant symbole de colère et de pouvoir. Violée par Poséidon, transformée en un monstre dont la chevelure devient nid de serpents, Méduse change en pierre quiconque croise son regard. De tout temps, elle a été un écran sur lequel les artistes, penseur·euses et écrivain·es ont projeté des images et des sentiments exacerbés. Monstresse ou puissance protectrice ? Medusa est encore cette saison au cœur d’un opéra de la Monnaie.
Poème mystérieux
Quelques mois avant son suicide en 1963, l’autrice américaine Sylvia Plath donnait une vision trouble de cette figure mythologique dans Medusa, qui reste parmi l’un de ses poèmes les plus mystérieux et les plus commentés. Relation toxique avec sa propre mère ? Critique d’une maternité idéalisée ? Le poème est aussi mouvant et bouleversant que la figure mythologique qui lui donne son titre.
Les autrices Hélène Frappat (France), Astrid Haerens (Belgique) et Ayşegül Savaş (Turquie) viennent à Bruxelles écrire leur vision de la Méduse. La lecture de leurs textes inédits (en français, néerlandais et anglais, avec sous-titres en français) sera suivie d’une table ronde animée par Nicky Aerts, durant laquelle elles débattront ensemble (en anglais) de l’importance du poème de Plath et des incarnations possibles de la Méduse.
Les textes d’Astrid Haerens et Ayşegül Savaş seront sous-titrés en français. La soirée présentera aussi une œuvre collaborative (et musicale) emmenée par le Collectif Meute (Sarah Théry au chant lyrique, Claire Pasquier à la mise en scène, Akram Ben Romdhane au Oud).
À propos des autrices
Diplômée de philosophie et passionnée de cinéma, la Française Hélène Frappat (1969) est romancière, critique de cinéma et traductrice. Elle a choisi de chercher la "vérité" dans la fiction. Romancière, elle est l'autrice, chez Actes Sud, de Inverno, Lady Hunt, N’oublie pas de respirer, Le Dernier Fleuve, Le mont Fuji n'existe pas, Trois femmes disparaissent et Nerona. Après avoir consacré des travaux à des cinéastes tels que Jacques Rivette, Roberto Rossellini et l'acteur Toni Servillo, elle a publié en 2023 Le Gaslighting, ou l’art de faire taire les femmes.
Astrid Haerens (1989) a grandi à Zwevegem et vit à Bruxelles. Elle a obtenu un master de Linguistique au Conservatoire d'Anvers. Elle est l’autrice d’un roman Stadspanters, et d’un recueil de poésie, Oerhert, qui a remporté le Prix du premier recueil de poésie 2023 et a été nominé pour le Prix Herman de Coninck et le Prix C. Buddingh' 2023. En avril 2026, son deuxième roman Erosie paraîtra. Encore inédit en français, son travail est aussi publié dans divers magazines littéraires (internationaux) et sur des plateformes en ligne.
Ayşegül Savaş (1986) a grandi en Turquie et au Danemark. Ses textes ont été publiés notamment dans le New Yorker, dans The Paris Review et dans The Guardian. Elle est diplômée des Beaux-Arts de San Francisco. Elle vit aujourd'hui à Paris. Elle est l’autrice de Transparence de la lumière (éds. Bouquins) et d’Anthropologie, qui vient d’être traduit en français par Céline Leroy aux éditions de l’Olivier. Anthropologie a figuré sur la liste des livres préférés de Barack Obama à sa sortie aux Etats-Unis, et il a été très remarqué en français également à la rentrée littéraire de janvier.
A propos d’Anthropologie :
« Une réflexion érudite et élégante sur la vie et l'amour modernes... Asya et Manu pourraient être un couple d’un roman de Sally Rooney ou de Caleb Azumah Nelson. »
« Impeccablement observé... J’aurais voulu qu’Anthropologie ne se termine jamais. »
à propos de la modératrice :
Nicky Aerts est une journaliste belge néerlandophone. Elle travaille pour Radio1 et Klara. Elle exerce régulièrement comme modératrice pour des rencontres littéraires.
photos : astrid haerens © stine sampers, hélène frappat © céline nieszawer, aysegül savas © maks ovsjanikov
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