Placée sous la thématique spectrale « GHOSTS », la dixième édition du Passa Porta Festival s'achève avec succès
Le week-end qui s’achève a confirmé le Passa Porta Festival comme l’un des plus importants événements littéraires plurilingues d’Europe. Cette dixième édition a permis une exploration multilingue des fantômes qui nous hantent, intimement et collectivement. Entre tables rondes, débats et créations originales. Parmi les écrivains invités cette année, citons Jeanette Winterson, Sandro Veronesi, Erri De Luca, Jan Carson, Karim Kattan, Jón Kalman Stefánsson, Merethe Lindtsrøm, Eduardo Halfon, Velibor Čolić.
L’opening night du festival, programmée le vendredi 28 mars dans la salle Malibran de la Monnaie, aura marqué un temps d’ouverture grandiose pour le festival. Devant un parterre comble, cinq écrivains internationaux - Eduardo Halfon Merethe Lindtsrøm, Eléonore de Duve, Bregje Hofstede et Jón Kalman Stefánsson - ont lu un texte inédit en réponse à la question : « Par qui ou par quoi vous sentez-vous hanté·e ? ». Cinq textes d’une grande puissance, accompagnés d’un ensemble musical remarquable, qui ont su marquer l’esprit du public.
Samedi matin, le parcours du week-end commençait avec un très grand nom : le monde s’est pressé au théâtre des Galeries pour venir écouter l’Anglaise influente Jeanette Winterson, autrice du roman culte Les Oranges ne sont pas les seuls fruits, et récemment du recueil de nouvelles « Histoires de fantômes », dans une conférence piquante, enlevée et brillante intitulée : « Croyez-vous aux fantômes ? ».
Le point de départ, pour des milliers de lecteur.ice.s, d’un parcours personnalisé parmi la septantaine de propositions variées et les 22 lieux partenaires : la Monnaie, le Théâtre des Riches Claires, Muntpunt, le MAD Brussels, le KVS, le Continental café, la Bellone ou encore le Beursschouwburg …
Le week-end aura connu des temps forts, comme les dialogues particulièrement émouvants entre les écrivains palestiniens, l’échange entre l’Ukrainien Andriy Lubka et le Palestinien Karim Kattan, la réception du prix Goncourt de la Belgique pour Abdellah Taïa, une sieste sonore sublime d’Isabelle Wéry, la nomination de la nouvelle Poétesse nationale Ruth Lasters par Lisette Lombé, la rencontre avec Erri De Luca dans une Monnaie comble, la lecture dessinée Paysages fantômes de Valfret et Thomas Flahaut, la lecture croisée de la Québécoise Kristina Gauthier-Landry et de la Française Louise Bentkowski, la mise en lumière de la mystérieuse saga littéraire de la Danoise Solvej Balle, la venue de l’inénarrable autrice polonaise Agnieszka Szpila, les visites littéraires inédites des Ateliers de la Monnaie par Victoire de Changy, celles de l’exposition de Berlinde De Bruyckere de Bozar avec Caroline Lamarche et Stefan Hertmans, les mots de Jón Kalman Stefánsson, ceux d’Andrés Barba et Sandro Veronesi …
Le samedi soir, le festival a investi tous les étages du Beurschouwburg pour un Debutantenbal néerlandophone, et côté francophone, une éblouissante soirée spirite musicale et dessinée durant laquelle Emmanuel Régniez, Caroline Lamarche, In Koli Jean Bofane, Florence Seyvos et Hélène Giannecchini, Velibor Čolić ont convoqué l’écrivain par qui ils se sentaient hantés.
Les écrivain.e.s belges n’étaient pas en reste lors de cette édition, qui a réuni les voix de Philippe Marczewski, Sandra de Viviès, Raïssa Yowali, Victoire de Changy, Velibor Čolić, Emmanuel Régniez, Valfret, Caroline Lamarche, Lisette Lombé, In Koli Jean Bofane …
Toujours en recherche de nouveaux formats, le Passa Porta Festival a su proposer, en plus des classiques tables rondes, des créations et des moments participatifs inédits -parfois gratuits : lecture dessinée, conférence performées, workshops, ateliers d’écriture, open mic, performances dans l’espace public…
Hendrik Tratsaert, nouveau directeur général de Passa Porta, se montre très enthousiaste : « Le grand succès de la dixième édition du Passa Porta festival prouve que nous avons, aujourd’hui plus que jamais, besoin de nouvelles histoires et de nouvelles idées. C'est un privilège de voir les meilleurs auteurs internationaux venir y contribuer lors de vraies rencontres, dans des salles pleines à craquer. Et dans le meilleur endroit que l'on puisse imaginer pour ce faire : Bruxelles, carrefour des cultures et cœur de l'idée européenne, un plaidoyer pour la connexion et la tolérance. »
Les retours du public, de la presse et des professionnel.le.s du secteur sont très enthousiastes. Les livres ont besoin de lecteur.ice.s mais également de lieux où ceux-ci et celles-ci peuvent se rencontrer. Le Passa Porta Festival a prouvé qu’il pouvait être l’un de ces lieux, de rencontres, d’échanges et de pensées.