Lost and Found : Judith Schalansky
Après l’Atlas des îles abandonnées (Arthaud) et L’Inconstances de l’espèce (Actes Sud), l’autrice allemande Judith Schalansky revenait en 2018 avec Verzeichnis einiger Verluste (traduit en néerlandais sous le titre Inventaris van enkele verliezen, mais pas encore en français). Soit un recueil, qu’on pourrait traduire par Inventaire de certaines pertes, rassemblant douze histoires et des thèmes aussi variés qu’une peinture brûlée de Caspar David Friedrich, une race de tigres disparue, les écrits sacrés d’un mouvement religieux enfoui ou encore une île engloutie dans le Pacifique. Un inventaire, donc, d’endroits désertés de l’histoire naturelle et culturelle, décrits dans des styles littéraires changeants…
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Programme
vous voulez poser une question à l’autrice ? Envoyez-la avant le 25 mars à connect@passaporta.be, sous la forme d’une courte vidéo ou par écrit.
Langue
Loin des yeux, pas du cœur
“ Pourquoi est-ce seulement au moment où une chose semble irrémédiablement perdue que nous éprouvons ce qu’elle représentait pour nous ? Pourquoi ce qui est caché exerce un tel pouvoir ? Pourquoi je n’arrive pas à jeter quoi que ce soit ? Pourquoi les espèces animales disparues, les peintures détruites et les livres brûlés apparaissent tellement plus intéressants et désirables que tout ce qui est encore là ? », questionne Judith Schalansky dans un livre sur le pouvoir d’attraction des lieux désertés.
Fiction ou réalité
Mais Inventaire de certaines pertes traite aussi de la puissance éternelle des histoires. Là où la réalité disparaît, Schalansky fait intervenir la fiction. Les personnages de ses nouvelles sont des inadaptés : un vieil excentrique qui accumule du savoir sur l’humanité depuis son jardin du canton de Tessin, une Greta Garbo vieillie qui rêve d’un rôle à la Dorian Gray, ou le père de Judith Schalansky lui-même, qui a abandonné sa famille avant qu’elle ne puisse se souvenir de lui.
Pays disparu
Schalansky est née en 1980 à Greifswald dans la République démocratique allemande, un pays qui lui-même n’existe plus. En plus d’être éditrice, elle a fait paraître plusieurs livres, dont deux traduits en français à ce jour. Elle sera en conversation avec Karen Billiet, critique à De Standaard.
Avec une gourmandise encyclopédique à la Borges, Schalansky alterne la hauteur de vue d’une grenouille de la fanatique de la nature et les yeux d’aigle de l’historienne. Avec son regard empirique qui guide sa plume poétique et la conviction que la plus grande merveille au monde est au fond le monde lui-même, l’Allemande fait la preuve que l’on peut écrire avec exactitude et enchantement à la fois.
Passa Porta, Ancienne Belgique, Goethe-Institut, Meridiaan Uitgevers
portrait judith schalansky © rené fietzek
Bientôt à Passa Porta
Visite littéraire des ateliers de La Monnaie avec Victoire de Changy