vidéo: nyla matuk en résidence
Découvrez la poétesse et romancière canadienne Nyla Matuk, autrice en résidence à Passa Porta pour janvier et février 2026. Dans ce portrait vidéo réalisé par Sarah Baur et Frederik Van Melle (caméra), Nyla évoque notamment l'influence de son enfance multilingue sur ses poèmes, son intérêt pour la peinture de Sonia Delaunay et l'histoire de son roman Leila and Khaled, qui se déroule en Palestine et paraîtra plus tard cette année. Elle nous lit également un poème tiré de Fata Morgana, le recueil qu'elle termine à Bruxelles. Vous trouverez la traduction française sous la vidéo.
Découvrez la poétesse et romancière canadienne Nyla Matuk, autrice en résidence à Passa Porta pour janvier et février 2026.
Dans ce portrait vidéo réalisé par Sarah Baur et Frederik Van Melle (caméra), Nyla Matuk évoque l'influence de son enfance multilingue sur ses poèmes, ainsi que son intérêt pour la peinture de Sonia Delaunay et l'histoire de son roman Leila and Khaled, qui se déroule en Palestine et paraîtra plus tard cette année. Elle nous lit également un poème tiré de Fata Morgana, le recueil qu'elle termine à Bruxelles. Vous trouverez la traduction française de ce poème sous la vidéo.
Cette résidence a été rendue possible grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ).
Coupe Vanille
Une tempête à Bruges, du massepain d’antan. Dans le bar à bière, l’homme à la perruque
faisait son cinéma pendant que je mangeais les fritures inévitables tout près de son python.
Ce soir, le long des pavés, je suis une nymphe du printemps qui cherche une table sous verrière.
C’est par là, sombre Indien, me dit-on. Je voulais un effacement, pour dîner dans une serre.
Peu avant, en traversant la ville, j’avais vu les Lumières, le brouillard
s’évanouissant dans les heures mélancoliques d’un animal de zoo.
Seule, arborant mon cœur d’étain enflammé, j’entre dans un bistrot confortable.
Je prends la Coupe Vanille, celle sans chocolat. Une glace à la vanille, garnie
d’une gaufrette. Je mange dans du cristal ; les téléphones qui clignotent me permettent
de voir. Au Café Place Blanche, nous sommes poussière d’étoiles, nous sommes d’or,
une soirée de gloire éphémère. Un peuple de glace. Avec ma Coupe Vanille,
dans le bruit blanc, le tonnerre, le silence, la pluie dispendieuse.
Traduit de l’anglais par Passa Porta et Nyla Matuk, 2026