Public message (9) Chute
‘Social distancing’ is what Corona experts advise, but ‘social nearness’ is what we aim for with our literary events. Passa Porta wants to keep connecting authors with their readers. Over the coming weeks, we will therefore be asking writers, from home and beyond, for a personal “Public Message”.
Né à Brazzaville, Wilfried N’Sondé a longtemps vécu à Berlin avant de rejoindre Paris, d’où il nous écrit. Nous avions eu le plaisir de l’accueillir à Bruxelles lors de la sortie de Un océan, deux mers, trois continents, un formidable roman d’aventures particulièrement recommandé en ces temps confinés. Il nous livre cette fois un délicat poème.
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Chute
Délices et douceur aux premiers jours monotones,
Lascives coulèrent les heures, sommeil lourd, rires d’enfants.
A nos âmes confinées, le repos fut un chant
Du cygne, sinistre, comme un orage tonne.
Un matin funeste nous basculâmes dans l’atroce.
L’infection, mauvais augure d’une fin précoce,
Déserta nos écrans, pour peupler notre lit…
A l’aube de fièvre elle tremblait, affaiblie.
Le temps se compte alors en des quintes de toux,
S’égrène en pointillés d’un décompte qui rend fou,
Vers l’abîme, le gouffre, qui prélude l’absence.
Elle partit, sereine, au crépuscule de l’angoisse,
En priant que la nuit davantage ne défasse.
L’aurore tarde à briller… en nous le mal avance.
Wilfried N’Sondé, avril 2020